Fonds saoudien pour l’amélioration des performances des ISC (Saudi FISP) Meet & Greet – Points forts de l’événement parallèle à INCOSAI XXV à Sharm El Sheikh

saudi fisp panel
Source: Cour générale des comptes du Royaume d'Arabie Saoudite

Par : Manal Alduhaymi et Mohammed Alsubaihi, Cour générale des comptes du Royaume d’Arabie Saoudite

Au cours de l’INCOSAI XXV de Sharm El-Sheikh, la Cour générale des comptes (GCA) du Royaume d’Arabie saoudite a organisé un événement parallèle intitulé ” FISP Meet & Greet “, réunissant les bénéficiaires du Fonds saoudien pour l’amélioration de la performance des ISC (FISP). Le FISP saoudien est une initiative de financement établie par la GCA sous la direction de son président, S.E. Dr. Hussam Alangari. Depuis 2020, la CMA alloue chaque année un million de dollars américains pour répondre aux besoins des institutions supérieures de contrôle (ISC) des pays en développement, aidant ainsi l’INTOSAI à répondre à la demande croissante d’assistance directe en matière de renforcement des capacités. En 2026, le fonds avait atteint une valeur totale de 7 millions de dollars américains, et une croissance continue est prévue.

Carte du monde Bénéficiaires saoudiens du FISP
Source : Cour générale des comptes d’Arabie saoudite, Initiative de développement de l’INTOSAI

La rencontre du FISP a été l’occasion d’entendre les commentaires de première main des ISC qui ont bénéficié du FISP saoudien. Conçu pour être bref, chaleureux et utile, l’événement a permis aux ISC bénéficiaires de se connecter directement, d’échanger des réflexions et de réaffirmer leur engagement commun en faveur d’un développement des capacités axé sur des résultats pratiques et mesurables.

Alors que les événements parallèles sont souvent en concurrence avec les calendriers serrés des grands congrès, la rencontre du FISP s’est distinguée par son équilibre : un ton sincère, mais centré sur l’impact réussi du fonds et sur la façon dont le soutien se traduit par un véritable renforcement institutionnel. Elle a mis en évidence l’impact significatif du fonds et la façon dont son soutien se traduit par un renforcement institutionnel tangible dans les ISC bénéficiaires.

Source : Cour générale des comptes du Royaume d’Arabie Saoudite

La réunion a rassemblé environ 25 auditeurs généraux et 70 participants, ce qui témoigne d’un fort engagement de la part des ISC bénéficiaires. La session a été modérée par Mohammed Alsubaihi de la Cour générale des comptes.

Le discours d’ouverture a été prononcé par Son Excellence Dr. Hussam Alangari, Président de la Cour générale des comptes d’Arabie Saoudite. Son message, sincère et personnel, s’adressait directement aux bénéficiaires et soulignait la dimension humaine du développement des capacités.

Après son allocution, M. Einar Gørrissen, directeur général de l’Initiative de développement de l’INTOSAI, a formulé de brèves remarques soulignant l’impact positif du FISP saoudien. Il a souligné les améliorations tangibles observées grâce à la coordination étroite avec les ISC bénéficiaires et le rôle significatif que le fonds continue à jouer dans le renforcement de la performance institutionnelle.

Source : Cour générale des comptes du Royaume d’Arabie Saoudite

La force de la rencontre était évidente dans la diversité de ses participants. Les institutions bénéficiaires représentaient un large éventail de régions, avec des participants venus de Fidji, d’Azerbaïdjan, du Bhoutan, du Kosovo, de São Tomé et Príncipe, de Gambie, du Pakistan, des Maldives, du Tchad, du Lesotho, de Jordanie, de Tanzanie, du Rwanda, de la République centrafricaine, Mongolie, Macédoine du Nord, Équateur, Jamaïque, Philippines, Albanie, Afrique du Sud, AFROSAI-E, Palestine, Viet Nam, Panama, Botswana, Madagascar, El Salvador et Antigua-et-Barbuda, ainsi que des représentants de l’IDI et de la présidence du CBC.

Cette diversité ne se limite pas à une liste de pays, mais illustre les différentes réalités opérationnelles dans lesquelles fonctionnent les ISC. Certaines institutions évoluent rapidement vers la numérisation, tandis que d’autres sont encore en train de renforcer leur infrastructure de base. Certaines sont confrontées à des contraintes liées à l’échelle et à la disponibilité des ressources humaines, tandis que d’autres répondent aux attentes croissantes en matière de qualité et d’impact des contrôles. Malgré ces différences, les discussions et les réflexions qui ont eu lieu lors de la rencontre ont révélé une orientation commune : Partout, les ISC cherchent des moyens durables de se moderniser, de se professionnaliser et d’obtenir de meilleurs résultats en matière de reddition de comptes pour leurs citoyens.

Ce ton était significatif. Dans de nombreux contextes de développement, l’engagement des bénéficiaires peut sembler “descendant”. En revanche, le programme “Meet & Greet” a créé un environnement respectueux et équilibré qui a placé l’expérience des bénéficiaires au centre des préoccupations. Il a renforcé un principe important : les bénéficiaires ne sont pas des destinataires passifs – ce sont des partenaires actifs qui déterminent le succès et la pertinence des efforts de renforcement des capacités.

Source : Cour générale des comptes du Royaume d’Arabie Saoudite

Réflexions régionales en Asie, en Europe et en Afrique

L’un des points forts de la session a été l’inclusion de perspectives régionales de la part des responsables des ISC qui ont bénéficié des fonds. Leurs contributions ont ajouté à la fois une structure et un contexte significatif à la discussion. Trois auditeurs généraux ont fait des remarques au nom de leurs régions respectives :

  • L’Asie était représentée par l’auditeur général Hussain Niyazy (Maldives).
  • L’Europe était représentée par l’auditeur général Vlora Spanca (Kosovo).
  • L’Afrique était représentée par l’auditeur général Alexis Kamuhire (Rwanda).

Collectivement, leurs messages ont renforcé un thème commun : le soutien a le plus grand impact lorsqu’il renforce les capacités pratiques – personnes, systèmes, outils – et lorsqu’il est associé à l’apprentissage, à la coordination et à une véritable appropriation institutionnelle.

S.E. Vlora Spanca, vérificatrice générale du Kosovo, a résumé cet esprit dans sa remarque :

Le FISP saoudien reflète la véritable signification de l’expression “partager, c’est prendre soin”.

Ces réflexions régionales ont également mis en évidence une vérité importante : le développement des capacités n’est pas un processus à taille unique. Chaque région est confrontée à ses propres besoins, contraintes et réalités de développement, mais les ISC partagent des objectifs communs : améliorer les performances, renforcer la crédibilité et garantir la pertinence des contrôles dans un environnement de plus en plus complexe et en évolution rapide.

Trois idées sous-jacentes qui ont façonné la valeur de la session

1) Transformer le soutien en résultats durables

Dans la communauté des ISC, une leçon familière continue de résonner : le FISP saoudien a servi de mécanisme de financement direct et réactif qui accélère l’amélioration institutionnelle. Les bénéficiaires ont souligné l’importance de lier le soutien à des améliorations tangibles et durables, telles que le renforcement des capacités du personnel, la modernisation des méthodologies d’audit et la mise en place de systèmes qui aident les ISC à fonctionner de manière plus efficace et efficiente.

2) La modernisation et les technologies de l’information et de la communication (TIC) comme priorité commune

Que les ISC adoptent des outils de gestion d’audit, améliorent le traitement des données ou renforcent la préparation numérique tout au long du cycle d’audit, la modernisation est de plus en plus essentielle à la qualité et à l’impact de l’audit. La rencontre a permis de réaffirmer que le soutien aux TIC ne se limite pas à l’acquisition d’outils, mais qu’il nécessite également le renforcement des capacités, la formation, la gouvernance et l’intégration durable dans le travail d’audit quotidien.

Un héritage unique : Le livre des réflexions des bénéficiaires

L’un des éléments les plus distinctifs et les plus mémorables de la rencontre a été le livre de réflexions des bénéficiaires, créé pour permettre aux ISC participantes de consigner, avec leurs propres mots, l’impact du FISP sur leurs institutions.

Source : Cour générale des comptes du Royaume d’Arabie Saoudite
Vugar Gulmammadov, président de la Chambre des comptes de la République d’Azerbaïdjan, signe le livre de réflexions du FISP saoudien. Source : Cour générale des comptes du Royaume d’Arabie Saoudite

Le livre ne s’est pas contenté de recueillir des déclarations écrites. Il a servi d’enregistrement tangible et collectif des progrès et des partenariats, en rassemblant les réflexions des ISC de diverses régions en un seul artefact. Cette compilation témoigne de l’impact humain et institutionnel rendu possible par la coopération au développement, en montrant comment le soutien se traduit par des améliorations réelles, des capacités renforcées et un sens commun de l’objectif au sein de la communauté mondiale des ISC.

Il est important de noter que le livre démontre également une pratique précieuse : compléter les rapports formels par la voix des bénéficiaires. Dans le domaine du renforcement des capacités, l’impact ne se mesure pas uniquement à l’aide de processus, d’indicateurs ou de résultats ; il se reflète également dans les expériences vécues par les institutions qui mettent en œuvre le changement, souvent sous d’importantes contraintes.

Comme cela a été souligné lors de l’événement, le livre est désormais conservé et exposé dans le musée de la CMA, servant de rappel visible du partenariat derrière le FISP et de l’engagement commun à renforcer les ISC.

Au fond, la rencontre reflète une idée simple mais puissante : la coopération au développement est plus forte lorsqu’elle est à la fois structurée et humaine, guidée par la gouvernance et la responsabilité, mais enrichie par un dialogue authentique.

Mme Fadhila Gargouri, Premier Président de la Cour des comptes de Tunisie et Secrétariat général de l’ARABOSAI, signe le livre de réflexions du FISP saoudien. Source : Revue internationale de l’audit gouvernemental
Mme Fadhila Gargouri, Premier Président de la Cour des comptes de Tunisie et Secrétariat général de l’ARABOSAI, signe le livre de réflexions du FISP saoudien. Source : Revue internationale de l’audit gouvernemental

Perspectives d’avenir

Alors que les ISC naviguent dans un environnement défini par une complexité croissante, des risques émergents, des attentes publiques de plus en plus grandes et des changements technologiques rapides, le développement des capacités doit rester réactif, pratique et durable. Le FISP incarne l’engagement de la Cour générale des comptes et du Royaume d’Arabie saoudite à soutenir les ISC par le biais d’un mécanisme conçu pour renforcer le développement des capacités de manière efficace.

La rencontre du FISP a ajouté une valeur supplémentaire en créant un espace où les bénéficiaires pouvaient se connecter, échanger des idées et contribuer à l’histoire partagée du progrès. La CMA a réaffirmé son engagement à poursuivre le fonds et à soutenir les ISC travaillant dans des contextes fragiles. Elle a également souligné que les allocations futures donneraient la priorité aux institutions qui n’ont pas reçu de soutien auparavant et qui opèrent dans des conditions difficiles. Le fonds continuera à se concentrer sur le renforcement des capacités, la formation professionnelle et l’infrastructure numérique.

Conclusion

La rencontre du FISP à l’INCOSAI XXV a été chaleureuse dans l’esprit et productive dans la substance – un événement qui a renforcé les partenariats, élevé les voix des bénéficiaires et renforcé l’objectif commun qui se trouve au cœur de la coopération de l’INTOSAI.

Jusqu’à ce que nous nous rencontrions à nouveau, avec d’autres leçons apprises et d’autres réussites de la part de tous les partenaires de ce fonds – ne laissant personne de côté.


Retour au sommet